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La suppléance : un métier qui s'apprend 

24 mai 2023
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Note de l'autrice Marie-Josée Dumoulin, Ph.D., professeure adjointe, Université de Sherbrooke

En 2006, je fus invitée à créer un nouveau cours de deux crédits destinés à préparer les étudiantes et étudiants finissant au baccalauréat en formation à l’enseignement préscolaire et primaire de l’université de Sherbrooke à leur entrée en carrière. Étant alors étudiante au doctorat, je m’intéressais aux réalités de l’insertion et aux mécanismes par lesquels les enseignants qui débutent s’approprient leur pratique et se développent professionnellement. Lors de la conception du cours, je ne prévoyais pas m’attarder très longuement sur la question de la suppléance : d’abord parce que j’avais moi-même peu connu cette réalité alors que j’étais enseignante ; ensuite, parce que cette étape du parcours enseignant, quoiqu’obligé pour une très grande majorité, ne constituait pas à mes yeux un temps d’appropriation professionnel digne d’intérêt. Je dois l’avouer, j’ai été de ceux et celles qui considèrent la suppléance occasionnelle comme un acte strictement occupationnel : pour moi, une « vraie » insertion dans l’enseignement débutait avec une expérience plus « dense » et donc, avec l’obtention d’un premier contrat.

 

Cette année-là, j’ai rencontré une enseignante mentorée qui m’a raconté son parcours chargé de suppléance. Je lui ai demandé la permission d’enregistrer son histoire afin d’en faire un récit qui porterait enseignement à mes étudiants. Le travail de mise en relief de ce récit a radicalement modifié ma perception quant aux impacts potentiels des conditions de la suppléance occasionnelle sur le développement professionnel des futurs enseignants.

 

Ce récit, livré ici dans son intégralité, invite le lecteur à s’imprégner de cette réalité de la suppléance. L’auteure, Marie Line Gagnon, replonge dans l’expérience vécue pour faire revivre à travers quatre grands épisodes certains événements qui lui ont paru particulièrement significatifs. Tout le sens qu’elle y livre autour de cette expérience fait du récit le reflet magnifique d’un processus qui reste encore à éclairer… comment apprend-on à enseigner ?

 

Note : Ce récit ayant d’abord été reconstruit à l’oral avant d’être transposé à l’écrit, la version écrite reste très près de la parole de l’auteure, une parole que l’on veut livrer, ici, dans toute son expressivité.

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